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Juin est le Mois de la sensibilisation à la surdicécité – Pleins feux sur le joueur de hockey sonore Ryan Kucy

Ryan Kucy en chandail jaune sur la patinoire, avec la mention « Deafblind Awareness » en dessous et le logo de Hockey sonore Canada à gauche

Juin est le Mois de la sensibilisation à la surdicécité et nous avons interviewé Ryan Kucy, joueur de hockey sonore de Sherwood Park, en Alberta, au sujet de sa surdicécité.

Je suis né avec une atrophie optique bilatérale, une condition qui touche le nerf optique. Je vois assez bien ce qui est devant moi, mais je n’ai pas beaucoup de vision périphérique. Je peux lire un texte à peine plus gros que la moyenne et je peux jouer à des jeux vidéo tant que je suis assez près de l’écran.

Honnêtement, je ne pense pas beaucoup à ma vision. Mais si vous me posez la question, je préférerais retrouver mon audition.

Ma perte auditive est survenue en cours de vie et s’est progressivement aggravée sur une période de 10 ans. Il existe quelques causes possibles à ma perte auditive.

Heureusement, mon audition s’est beaucoup stabilisée depuis que j’ai atteint l’âge adulte. J’ai maintenant un implant cochléaire à l’oreille droite et j’en recevrai probablement un deuxième à l’oreille gauche un jour. Il me reste environ entre 5 et 10 pour cent d’audition dans cette oreille, un niveau qui a légèrement fluctué dans un sens comme dans l’autre.

Je joue au hockey sonore depuis l’âge de 15 ans et j’ai commencé à participer aux tournois de Hockey sonore Canada à 23 ans. Je patine depuis l’âge de 3 ou 4 ans et j’ai joué deux ans au hockey pour voyants quand j’étais jeune. J’ai aussi joué dans quelques équipes de hockey amical avec des joueurs voyants. Je crois que j’ai maintenant participé à 10 tournois nationaux, à plus de 4 tournois régionaux et à 1 tournoi à Chicago!

Tout, de mon emploi jusqu’à ma petite carrière de lutteur, peut être attribué à la confiance que le hockey sonore m’a donnée, et cette confiance vient en grande partie du fait que les gens de la communauté croient les uns en les autres et veulent s’entraider.

Je suis un grand amateur de lutte professionnelle depuis l’âge de 10 ou 11 ans. Je me faufilais devant la télé juste pour les regarder lutter. C’est Dwayne « The Rock » Johnson qui m’a accroché! Comme personne vivant avec une perte de vision et d’audition, je n’ai pas pu avoir de grands rêves comme beaucoup de jeunes garçons et filles. Je ne pouvais pas rêver de jouer dans la LNH, de jouer au baseball ou de devenir policier ou pilote. J’avais le type de personnalité qui voulait faire quelque chose d’excitant et changer les choses, mais malheureusement, il me manquait les principaux sens. Je pense que je me suis accroché à la lutte parce que je sentais que c’était quelque chose que je pouvais faire.

Il y a quelques années, j’ai commencé à faire des recherches sur des athlètes ayant des implants cochléaires, et j’en ai trouvé qui pratiquaient des sports très rudes. J’ai réalisé que c’étaient mes propres doutes et mes peurs, et non l’implant, qui me retenaient. J’en ai parlé à mon audiologiste, qui m’a donné le feu vert pour me lancer dans la lutte. À l’époque, on m’a dit que l’implant cochléaire n’est pas censé dresser des barrières, mais plutôt les faire tomber; or, j’avais laissé le mien devenir une barrière.

La lutte m’a aidé à gagner en confiance et à croire en moi, et je suis extrêmement reconnaissant que les choses se soient si bien passées. Quand mon partenaire et moi faisons notre entrée, j’ai des frissons chaque fois que la foule se met à scander notre nom.

Avant de me joindre à la communauté de Hockey sonore Canada, j’étais très isolé. On m’a montré qu’il était possible de réussir en tant que personne aveugle ou malvoyante. Pour la première fois, je côtoyais des gens qui avaient trouvé des moyens de surmonter leurs défis pour pratiquer un sport qu’ils aimaient. Vous serez entourés de personnes qui ont vécu des expériences semblables aux vôtres, qui comprennent les défis que vous avez affrontés et qui feront preuve d’empathie envers vous, tout en vous donnant un petit coup de pouce quand vous en aurez besoin. Vous apprendrez à communiquer et à fonctionner comme coéquipier, une habileté importante dans une unité de cinq joueurs sur la glace qui travaille vers un objectif commun. C’est en soi une habileté de vie essentielle et très importante.

Que vous ayez déjà joué, que vous n’ayez jamais joué, que vous ayez perdu la vue et cessé de jouer, ou que vous redécouvriez ce sport, vous vous sentirez les bienvenus. Vous aurez le sentiment d’avoir accompli quelque chose, et vous sentirez que vous n’êtes plus seuls.

Croyez en vous et vivez votre vie selon vos propres règles, surtout quand il s’agit de rencontrer des gens. Défendez vos besoins lorsque vous faites de nouvelles rencontres. Communiquez à votre façon et assurez-vous que les autres l’adoptent. Je communique beaucoup par écrit, mais le hockey sonore et la lutte m’ont appris que les gens apprennent à respecter ceux qui communiquent de manière unique. Au bout du compte, c’est vous qui connaissez la meilleure façon de communiquer, alors exprimez-la clairement. Les autres feront de leur mieux pour vous aider et pour s’adapter à vos défis.