Pleins feux sur le hockey sonore – avril 2026 – Eli Bomers
Je suis aveugle depuis ma naissance, alors la cécité n’a jamais été quelque chose à quoi j’ai dû « m’adapter » : c’est tout ce que j’ai jamais connu. En grandissant, j’étais l’enfant qui ne voyait pas, mais ça ne m’a jamais empêché de vouloir faire du sport. Soccer, basketball, peu importe le jeu qui se jouait à l’école, je voulais toujours en faire partie. Ma vision ne m’a jamais semblé être une raison de ne pas jouer, même si ça voulait dire casser quelques paires de lunettes en cours de route.
Ma condition visuelle est compliquée et encore mal comprise. À un moment donné, les médecins pensaient que j’avais une amaurose congénitale de Leber, mais avec le temps, mon diagnostic est devenu moins clair. J’ai des tumeurs dans les yeux qui saignent et affectent ma vision, ce qui signifie que je reçois des injections oculaires toutes les six à huit semaines pour contrôler les saignements. Les résultats aident à court terme. On m’a dit que je suis la seule personne au Canada atteinte de cette condition précise, ce qui montre bien à quel point la vision de chaque personne aveugle peut être différente.
La majeure partie de la vision qu’il me reste se trouve dans mon œil gauche. Mon œil droit ne perçoit que la lumière. Dans mon œil gauche, je vois des corps flottants qui dérivent dans ma vision centrale et périphérique, et qui changent selon l’endroit où je regarde.
Le sport a toujours occupé une grande place dans ma vie, mais le hockey est devenu particulièrement important pour moi dès mon plus jeune âge : mes parents nous ont inscrits, mon frère et moi, à des cours d’habiletés de hockey traditionnel. J’ai découvert le hockey sonore lors d’un événement d’initiation au patinage organisé par Courage Canada dans la région de Halton, où j’ai grandi. J’avais environ cinq ou six ans la première fois que j’ai sauté sur la glace avec le hockey sonore, et c’est là que j’ai rencontré Mark DeMontis et Matt Morrow pour la première fois. Il existe des photos qui prouvent à quel point j’étais petit dans ce chandail!
Mon premier Tournoi national de hockey sonore remonte à 2018, et j’ai participé à tous les tournois nationaux depuis. À mesure que j’acquérais de l’expérience, j’ai commencé à jouer régulièrement avec les Toronto Ice Owls. Quand j’ai déménagé à Ottawa pour mes études, j’ai brièvement patiné avec le programme local de hockey sonore avant de finalement revenir à Toronto. Maintenant, quand je suis de retour en ville, je suis sur la glace presque toutes les fins de semaine avec les Ice Owls.
Depuis 2023, je joue régulièrement au niveau adulte, je participe à des camps de développement et à des tournois régionaux comme ceux de l’Est et de l’Ouest, et je continue de progresser comme joueur.
L’un de mes plus beaux souvenirs de mes débuts au hockey, c’est d’avoir patiné avec Mark DeMontis. On faisait la course autour de la patinoire ensemble, entièrement concentrés sur le patinage et le plaisir. Cette relation a duré bien au-delà de la glace. Ces dernières années, alors que je commençais à développer Blind Basketball Canada, Mark est devenu un mentor pour moi. Nous avons eu de nombreuses conversations sur le démarrage d’un organisme sans but lucratif, sur la façon de bâtir un sport à partir de zéro et sur ce qu’il faut faire — et ne pas faire — en cours de route. Mon objectif est d’aider un jour le basketball pour aveugles au Canada à atteindre le niveau qu’a atteint le hockey sonore.
Pendant une période de transition dans ma vie, j’ai fait du bénévolat auprès de Hockey sonore Canada. Je ne savais pas trop dans quelle direction je m’en allais, mais je savais que je voulais contribuer à quelque chose de significatif. J’ai offert mon aide là où je le pouvais et j’ai passé plusieurs semaines à soutenir les efforts de rayonnement menant à un tournoi national. Voir l’affluence — des partisans dans les gradins pour chaque division et chaque match — a été incroyablement gratifiant. Constater à quel point l’organisation a grandi depuis mon premier tournoi en 2018 m’a rendu fier de faire partie de cette communauté.
Le hockey sonore a contribué à façonner qui je suis, pas seulement comme athlète, mais comme personne. Il m’a appris l’importance de la communauté, du mentorat et du don de soi. Ces leçons me guident aujourd’hui alors que je travaille à créer de nouvelles occasions pour les athlètes aveugles et malvoyants grâce au basketball pour aveugles, tout en continuant de patiner, de participer à des compétitions et de rester lié à la communauté du hockey sonore qui m’a tant donné.
Si vous souhaitez communiquer avec Eli pour en savoir plus sur le basketball pour aveugles, écrivez à elib@blindbasketball.com