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Les athlètes de hockey sonore Meghan Mahon et Cassandra Ruttle partagent leur héritage et créent un impact par le sport

Meghan et Cassandra souriantes dans leurs chandails de hockey sonore à droite et en chandails noirs de Calgary à gauche, sur un fond orange bicolore soulignant le Mois national de l'histoire autochtone

Hockey sonore Canada espère que les récits du vécu de ces deux joueuses autochtones de hockey sonore encourageront davantage de jeunes Autochtones aveugles ou malvoyants à essayer le parasport qu’est le hockey sonore.

Juin est le Mois national de l’histoire autochtoneLes athlètes de hockey sonore Meghan Mahon et Cassandra Ruttle partagent leur héritage et créent un impact par le sport.

Meghan Mahon est une athlète paralympique connue dans le monde du goalball au Canada en tant que membre de l’équipe nationale, et une joueuse remarquable au sein de la communauté du hockey sonore. Les Ruttle sont aussi une famille bien connue de la communauté du hockey sonore : sa plus jeune membre, Cassandra, s’achemine vers une carrière sportive prometteuse, tout comme sa mentore Meghan. Plus que des alliées dans le sport, elles partagent un profond respect et un grand intérêt pour leurs origines et leur histoire autochtones. Meghan est Métisse et Cassandra est membre des Premières Nations.

Meghan : En grandissant, je n’étais pas aussi ouvertement liée à ma culture métisse. Nous savions que nous étions Métis, mais comme nous vivions dans le Nord de l’Ontario, nous adoptions naturellement plusieurs modes de vie autochtones, comme vivre sur le territoire et avec lui. Quand j’ai déménagé dans l’Ouest, je suis devenue plus curieuse de ma propre culture et je tissais des liens avec d’autres femmes et d’autres jeunes dans le sport. À mesure que ma relation de mentorat avec Cassandra grandissait à travers le goalball et le hockey sonore, lorsque nous avons découvert qu’elle est aussi Autochtone, ça a été l’une de ces prises de conscience : nous avons réalisé que c’était encore plus puissant que ce que nous avions imaginé. Nous avons cet écart d’âge, nous avons cette belle relation mentore-mentorée, nous pratiquons les mêmes sports, et maintenant il y a cette dimension culturelle. C’est tellement plus que le sport : c’est une représentation puissante du fait que peu importe le nombre d’obstacles ou de stéréotypes qu’on impose à une personne, on peut les porter et en faire une force! C’est vraiment spécial de se regarder et d’avoir cette compréhension commune que nous le faisons pour nos propres générations.

Les occasions pour les organisations sportives et les équipes de soutenir les athlètes autochtones commencent dès le tout début. La représentation doit être valorisée à toutes les étapes, du niveau communautaire au niveau professionnel, et il s’agit de jeter des ponts entre le sport et la culture.

Les organisations doivent reconnaître ce que cela signifie pour les personnes qui vivent à l’intersection de la culture autochtone et qui sont aveugles ou malvoyantes. Les cas de perte de vision sont plus fréquents au sein des communautés autochtones en raison de la santé, des obstacles ou de l’accès aux soins de santé, de sorte qu’une population entière ne peut pas profiter du jeu que nous aimons tous. Alors, comment pouvons-nous amener ce sport dans les communautés et éliminer cette barrière d’accès qui oblige à se rendre dans une grande ville pour participer, et comment pouvons-nous l’intégrer à des programmes qui existent déjà?

Je suis fière d’être une championne de cette cause, et ce travail de défense et de sensibilisation va se poursuivre dans mon emploi et dans les sports que je pratique. Hockey sonore Canada célèbre les 10 ans du camp de développement d’été, et j’étais à la toute première édition! Dès que j’y ai participé, j’ai été conquise. J’avais joué au hockey dans le monde des voyants toute ma vie.

Aujourd’hui, c’est vraiment quelque chose de voir tous ces jeunes participer à ces tournois. Je me sens comme une maman de hockey fière, sans être une maman de hockey. Ha!

Je suis reconnaissante de pouvoir pratiquer le hockey sonore tout en poursuivant ma carrière et en jouant pour l’équipe canadienne féminine de goalball. Pour moi, le hockey sonore est une communauté que je peux quitter pour un temps, peu importe la durée, et y revenir avec l’impression que pas un jour ne s’est écoulé.

Quant à mon avenir comme joueuse autochtone de hockey sonore, j’aimerais voir une croissance de la représentation géographique. Il s’agit de sortir des grands centres qui ont déjà des programmes et de les amener dans les régions rurales pour encourager une participation diversifiée.

Que peuvent faire les organisations sportives comme geste vers la réconciliation?

Je pense que ça se résume, vraiment, à deux éléments clés. Le premier, c’est l’apprentissage à l’interne. Il s’agit de s’informer et de se demander, en tant qu’organisation sportive : créons-nous vraiment un environnement sécuritaire et adapté aux réalités culturelles?

Les gens doivent sentir que c’est un espace où ils sont les bienvenus. Historiquement, le sport peut aussi être un lieu de discrimination. Et les gens peuvent très bien s’en détourner pour ces raisons. Alors, apprenez comment créer cet espace sécuritaire et prouvez que c’en est un.

Le deuxième élément, c’est la portée géographique. Comment travaillons-nous aux côtés des communautés, sans dire « hé, voici notre programme clé en main, et ça va fonctionner pour vous »? Comment travaillons-nous plutôt aux côtés des communautés pour créer quelque chose qui fonctionne vraiment pour leur région, et pour cocréer ou soutenir ce qu’elles ont déjà mis en place? Être simplement une ressource pour qu’elles puissent bâtir ce qu’elles ont à offrir à leurs communautés, sans avoir à se l’approprier. Mettez votre humilité à l’avant-plan et sachez que vous n’avez pas besoin d’être experts en tout, en l’occurrence des communautés autochtones. À quoi ressemble votre sport accessible pour votre groupe, votre communauté, votre organisation et les personnes que vous servez dans ces autres communautés?

Cassandra Ruttle :

J’ai mon premier voyage international avec le goalball cette semaine, alors ça va être incroyable. J’ai commencé quand j’étais vraiment jeune, vers 6 ans, puis j’y suis revenue vers 13 ans, et je n’ai jamais arrêté depuis. J’ai commencé le hockey sonore il y a 4 ans; j’adore le Tournoi national et je fais partie des Calgary Seeing Ice Dogs, en faisant de mon mieux pour être là chaque semaine!

Mon père est un survivant de la rafle des années soixante. Il s’agit du retrait à grande échelle, ou de la « rafle », d’enfants autochtones de leurs foyers, de leurs communautés et de leurs familles de naissance au cours des années 1960, puis de leur adoption par des familles majoritairement non autochtones de classe moyenne aux États-Unis et au Canada. Cette expérience a laissé de nombreux enfants adoptés avec un sentiment de perte d’identité culturelle.

Je n’ai donc pas vraiment grandi en apprenant notre culture, parce qu’il n’a jamais vraiment connu la sienne. Alors depuis 2 ou 3 ans, nous nous sommes mis à en apprendre davantage sur la culture autochtone et tout ce qui l’entoure : les événements autochtones, les pow-wow, les cérémonies de purification par la fumée, etc. Lors de dates importantes comme le Mois national de l’histoire autochtone et la Journée nationale des peuples autochtones, le 21 juin, nous faisons de notre mieux pour réfléchir et honorer la tradition.

Ma relation avec Meghan, ma mentore et amie, est vraiment importante. Nous sommes toutes les deux Autochtones, et nous pouvons montrer à d’autres jeunes Autochtones en situation de handicap qu’il est possible de participer à des sports non autochtones, que c’est une option qui existe. Le problème, c’est que ce n’est pas toujours accessible. C’est ce que nous travaillons à changer.

Je n’ai que 17 ans, mais je travaille constamment à améliorer mes habiletés actuelles au hockey sonore et à en apprendre davantage. J’aime voir la relève arriver et, espérons-le, nous verrons plus de jeunes Autochtones venir essayer, parce que le hockey sonore est une communauté vraiment formidable. J’aimerais que nous allions vers eux; ils ne peuvent pas toujours nous trouver dans les grandes villes. Alors, pour soutenir les athlètes autochtones, nous pourrions peut-être organiser une séance d’essai plus près de leur communauté, dans les réserves. Parfois, ils n’ont même jamais imaginé l’expérience de jouer à un sport comme le hockey sonore, alors donnons-leur la chance.

Hockey sonore Canada vise à recruter davantage de joueurs autochtones dans le cadre de ses activités de rayonnement partout au pays. Nous espérons que les histoires de Meghan et de Cassandra pourront en inspirer d’autres à participer et à passer à l’action. Canadianblindhockey.com

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